Conférence de Pierre FEDDERSEN, architecte EPFZ et assistant à l'EPFL.
Cette recherche méthodique consiste en une application concrète et marginale de la méthode du Pattern Language de Christopher Alexander en tant qu’instrument d'analyse, d'aménagement et de projetation.
Elle a pour but d'observer, d'étudier et de comprendre le rapport entre le comportement humain et l'environnement construit d'une architecture et d'un urbanisme populaire et pour objet une petite île de pêcheurs de la lagune vénitienne : Burano.
Les deux auteurs, Marie-José Dozio et Pierre Feddersen, ont travaillé pendant deux ans à cette recherche dans le cadre de l'EPFZ, en grande partie sur le terrain, en étroite collaboration avec la population de l'île, avec le concours des autorités locales, de l'Office d'urbanisme de Venise et de l'Unesco.
Film de Fritz LANG
Conférence de Paul OLIVER, professeur au Dartington College of Art, auteur de « Shelter and Society » et « Shelter in Africa » Ed. Harris & Rockliff Depuis quelques années, les formes architecturales des cultures tribales et populaires font l'objet d'études de plus en plus nombreuses. La conférence, illustrée par des diapositives et des enregistrements, débattra des principales attitudes à l'égard de l'abri, de leurs relations avec la pratique architecturale et la formation. l'attention sera alors portée sur les motivations des architectes et de ceux qui enseignent d'autres disciplines dans le domaine de l'architecture vernaculaire. En tenant compte du fait que les architectes sont principalement concernés par les structures apparentes des sociétés, une tentative d'investigation de la structure essentielle du système de valeurs en relation avec l'abri traditionnel sera proposée.
Conférence inaugurale de l'exposition Henri Labrouste par Renée PLOUIN, docteur ès lettres, maître-assistante à Paris IV Prix de Rome en 1824, Labrouste manifesta son indépendance d'esprit en publiant un percutant rapport sur les méthodes surannées de l'enseignement des Beaux-Arts et en ouvrant un atelier indépendant en 1830. Toute sa vie, il défendit l'idée : révolutionnaire pour l'époque : que la beauté d'un édifice ne peut être obtenue par l'application mécanique de recettes formelles mais uniquement par la recherche d'une harmonie reposant sur la logique et la clarté de la construction. Après quelques œuvres peu marquantes (l'hospice de Lausanne, les prisons de Turin et d'Alessandria, le séminaire de Rennes), Labrouste reçue une commande de l'Etat pour la Bibliothèque Ste Geneviève à Paris. Pour la première fois dans un édifice de cette importance et de cette dignité, il est fait une très large place au métal laissé à nu. Labrouste donna son chef-d'œuvre dans la Bibliothèque Nationale (1854-1875) remarquable par sa cohérence dans l'utilisation du métal et les effets esthétiques nouveaux qu’il sut en tirer.
Conférence de Raymond LEDRUT, directeur du Centre de Recherches de Toulouse La crise de l'organisation des villes, qui revêt de multiples aspects, est le symptôme d'une crise plus profonde. La crise de nos rapports à l'espace est tout à la fois un effet de conditions sociales déterminées et une expression concrète, un symbole de notre civilisation. l'urbanisme reflète le système social et la structure de la société, les grandes normes culturelles et les images dominantes. La crise de l'urbanisme est donc une transcription dans la vie concrète, dans l'espace et dans le temps, des conflits, des oppositions et des contradictions du monde social. d'un coté, la crise de l'urbanisme traduit les transformations dans la lutte des classes, l'apparition de nouvelles classes, les changements dans les systèmes de pouvoir et la crise de l'Etat lui-même. d'un autre côté, la crise de l'urbanisme manifeste les ruptures et les mutations qui ont affecté depuis un certain temps, en Europe comme en Amérique, nos façons de vivre, avec les tensons multiples qui en résultent. La crise des villes prendra fin avec la crise de la civilisation.
Conférence de Pierre ZOELLY, architecte. « l'engineering d'un bâtiment est la base de toute mon inspiration. Le squelette brut m’inspire, la boîte terminée m’ennuie. Je la termine quand même pour que les gens puissent l'employer. En somme, je pratique le culte de la ruine » (PZ)
Conférence d'Italo INSOLERA, docteur en urbanisme, professeur à l'EAUG Le 28 mars 1577, le Grand Duc de Toscane, Francesco Premier, confia à Bernardo Buontalenti l'élaboration du plan directeur d'une ville nouvelle, Livourne, sur la côte toscane, port du grand duché. La ville sera planifiée pendant 350 ans, y compris la construction de quartiers sur les fortifications qui furent démolies à la fin du XIXe siècle et l'implantation du port et de la zone industrielle dans les années 20. Puis soudain, c’est la dégradation : les interventions fascistes « à la Hausmann », bombardements, reconstruction spéculative… Pendant les années 70, les citoyens s’interrogent : comment redonner à ces espaces anonymes construits depuis 30 ans leur valeur humaine ? Comment retrouver la qualité de la vue urbaine ? Le plan directeur : établi par Italo Insolera de 1974 à 1977 - s’insère dans cette problématique et se propose d'être un instrument dans une politique d'auto-gestion des citoyens participant aux structures de quartier.
Conférences inaugurales de l'exposition Oriol Bohigas et Rafael Moneo par Oriol BOHIGAS, Barcelone et Rafael MONEO, Madrid
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La fin de la tendance organique à Madrid et celle du réalisme catalan à Barcelone : deux aboutissements des remous culturels de protestation contre l'architecture triomphaliste de l'après guerre espagnole : ont profondément changé les acteurs de la première et la façon de concevoir de la seconde. l'exposition présente deux architectes de deux générations différentes qui, en ce moment, représentent les deux pôles de la culture espagnole. Bohigas et Monéo symbolisent la tradition méditerranéenne de l'architecte comme intellectuel : professeurs à l'Ecole d'architecture de Barcelone, tous deux membres du conseil de rédaction très actif d'Arquitectura Bis, ayant publié plusieurs articles et, dans le cas de Bohigas, plusieurs livres, sur l'histoire et la théorie de l'architecture. Mais, comme on le voit souvent dans le contexte espagnol, ce sont des architectes qui se sentent dans l'obligation de donner substance vérifiable à leurs pensées. Rafael Moneo et Oriol Bohigas (avec ses partenaires Josep Martorell et David Mackay) sont avant tout des constructeurs.
Conférence de Wilhelm VON MOLKTE, professeur d'urbanisme émérite à l'Université de Harvard, ancien chef de la division d'urbanisme de la Philadelphia Planning Commission Cette conférence a pour sujet la renaissance du centre urbain de Philadelphie qui se manifeste par l'accroissement de la population de 15%. Dans les autres villes américaines au contraire, les noyaux historiques connaissent une diminution du nombre d'habitants. Dans sa conférence, W. von Molkte traitera du premier projet-clé Penn-Center, du renouvellement de Society Hill (réhabilitation de 500 bâtiments) qui est mondialement reconnu comme modèle pour la réhabilitation créative et la réanimation d'un quartier historique, du développement des rives de la Delaware (Riverfront Development) ainsi que du projet Market East, le développement intégré d'un ensemble comportant des immeubles de commerce, de bureaux, de loisir et un centre de transports destiné à des trains de banlieue, au métro et à des autobus intervilles avec un garage public de 5'000 voitures, le tout lié directement à un réseau d'autoroutes urbaines.
Conférence de Giancarlo DE CARLO, architecte, Milan.
Conférence du Professeur Bengt LUNDSTEN, Helsinki. Dans tous les pays nordiques, la construction en bois a été l'objet d'une tradition qui s’est poursuivie sans interruption jusqu’à nos jours, Il est manifeste que mains éléments de l'architecture en bois sont inspirés des styles architecturaux méditerranéens de l'Antiquité. l'isolement des pays nordiques et les problèmes que posent un matériau de construction différent ont cependant tellement modifié l'architecture en bois que seul un œil exercé peut déceler l'origine des formes. Par ailleurs, le savoir-faire des artisans et le progrès technique ont développé l'expression architecturale plus que nous ne le croyons en général. l'on essaiera de montrer comment les caractéristiques des formes et l'opposition du matériau ouvrent la voie à la compréhension de l'évolution architecturale.
Exposition du Centre Pompidou, Paris .
Conférence d'Ulya VOGT-GOEKNIL, docteur en philosophie, Zurich, invitée à l'initiative du Professeur Franz Füeg. Bien qu’architecte de formation, Piranèse ne réalise que peu de constructions et son activité principale a consisté en dessins de bâtiments historiques, principalement des ruines romaines, d'édifices de la Renaissance et du baroque, se limitant ainsi à des « copies » d'originaux existants. Mais Piranèse, qui était tenu par ses contemporains comme un investigateur et un glorificateur de l'architecture romaine, se révèle un visionnaire dans ses propres créations que sont les visions de cachots et, pour cela, il s’éloigne complètement des principes de l'architecture ancienne. Ses dessins fantastiques inventent la forme la plus radicale de la captivité par la répétition d'éléments formels architectoniques, tels l'arc et le pont, coupant ainsi toute possibilité d'espoir.
Conférence de Jean-Paul DARBELLAY, architecte, Martigny, professeur invité au DA. Kazuo Shinohara le dit lui-même : ses maisons relèvent de l'art seul : chacune d'entre elles doit être appréciée comme une oeuvre d'art en soi. De ces oeuvres, il en a produit 33 à ce jour, uniquement des maisons individuelles. Kazuo Shinohara est un cas dans l'architecture japonaise. Né en 1925, il s’est d'abord consacré aux mathématiques puis, une certaine fascination pour le patrimoine architectural japonais l'incite à délaisser les mathématiques pour l'architecture. Ses premières maisons montrent de nombreuses références à la vie traditionnelle japonaise. Ensuite, il évolue vers une architecture a-japonaise dont les formes et les structures rudes, voire agressives ont quelque chose de sauvage. Ces volumes intérieurs dépouillés à l'extrême, traités comme des sculptures en creux auxquelles l'homme doit s’adapter, ces portes ou fenêtres qui semblent plus répondre à la nécessité des proportions qu’à celles de la circulation de l'homme ou de la lumière, tout cela transcende le fonctionnel et le rationnel et ne peut être compris que par rapport à un référent unique : Shinohara lui-même, exclusivement préoccupé par la quête d'un purisme architectural lié à son propre monde intérieur.
Conférence de Luigi SNOZZI, architecte FAS, Locarno. En s’appuyant sur la propre expérience projectuelle, à travers la présentation d'une série de projets qui se rapportent à la ville, on cherchera à mettre en évidence quelques motivations fondamentales qui les sous-entendent. Ce type d'approche au projet vise à la recherche d'une continuité historique de l'architecture actuelle par une longue critique de la ville, conçue comme expression formelle de l'histoire, et par la reproposition de certaines valeurs géographiques, typologiques, morphologiques - aujourd'hui aliénées - dans une confrontation dialectique avec l'existant.
Conférence de Werner OESCHLIN, professeur à Bonn et à Berlin. L'histoire est à la mode, depuis que le post-modernisme, soutenu par un marketing expansif, a déclaré le « anything goes ». Mais il y a bien d'autres raisons que celles de la mode pour analyser les rapports de l'architecture avec sa dimension historique. Quant à Palladio, déjà Wotton (1612) a bien su séparer le côté historique (limité à son propre contexte) du côté « logique » et générique. Et nous trouvons chez Palladio lui-même les fondements réels d'une telle définition a-historique : la déclaration de « règles universelles », la postulation d'une science de l'architecture et d'une méthode de créer les projets, la description de typologies architecturales. Si nous parcourons l'histoire de la critique de Palladio de Wotton à Quatremère de Quincy, de Colin Rowe à la Casa Tonini de Reichlin/Reinhart de 1972-74, la question se dirige donc vers une vérification des fondements réels d'une imitation : si elle s’oriente plutôt vers la phénoménologie des formes ou bien si elle est capable de retracer les « règles universelles » qui sont celles de l'architecture d'hier et d'aujourd'hui.
Conférences inaugurales de l'exposition Venturi & Rauch par Stanislaus VON MOOS, professeur à l'Ecole polytechnique de Delft, Jean-Marc LAMUNIERE, professeur au DA, Pierre CAGNA, Norman CUCCIO, Bernard GINDRE, Stéphane DE MONTMOLLIN, étudiants au DA et Patrick MESTELAN, professeur au DA.
Leçon terminale du Professeur Conrad-André BEERLI, présidée par le président de l'EPFL, Bernard VITTOZ. « Quand nous construisons, disons-nous que nous construisons à tout jamais ? Que ce ne soit pas pour l'unique joie de l'heure présente, pour la seule utilité de l'heure présente. Que ce soit un travail dont nous remercions nos descendants. » « La plus grande gloire d'un édifice; est dans son âge » John Ruskin, 1848 (Les sept lampes de l'architecture). « l'éphémère, c’est l'impression de « provisoire » dans laquelle baigne notre vie quotidienne. Nous sommes tous, en fait, citoyens de l'Age de l'Ephémère. » Alvin Toffler, 1970 (Le choc du futur). De la juxtaposition de ces deux citations extrêmes, séparées par plus d'un siècle, découle une réflexion sur deux plans : sur l'idée du déroulement du temps dans les concepts des architectes (temps irréversible ? : Viollet-le-Duc le pensait réversible) d'autre part, sur la notion de durée de l'architecture « éternelle » (Giedion) ou au contraire éphémère, adaptée au rythme d'une civilisation mécanisée, habituée à une consommation rapide. Déjà la cadence de la rénovation urbaine est à ce point accélérée qu’un architecte d'aujourd'hui a de fortes chances, s’il jouit d'une bonne santé, de voir démolir son ouvrage de son vivant;
Conférence de Gérard LE COAT, sociologue de la culture, président de la Société pour l'étude des Arts comparés à l'Université de Montréal. C’est au milieu du XIXe siècle que le qualificatif « architecture parlante » a été utilisé pour la première fois en France pour caractériser l'oeuvre projeté ou réalisé des architectes de la seconde moitié du XVIIIe que nous nommons aujourd'hui « visionnaires » : Boullée, Ledoux, Lequeux.. l'objectif de l'exposé est double : 1.Montrer que Jefferson a lui aussi recours à une architecture que l'on est en droit de qualifier de parlante, et 2. Montrer que les architectes visionnaires français ont influencé dans une certaine mesure les projets et réalisations jeffersoniens, l'influence s’étendant d'ailleurs aux théoriciens français en général des décennies pré-révolutionnaires ou révolutionnaires : sans oublier les idéologues de l'ère impériale. La décision d'entreprendre une nouvelle lecture critique de l'oeuvre architectural de Jefferson se justifie par le fait que les spécialistes américains insistent quasi unanimement et quasi exclusivement sur l'intention fonctionnaliste de celui que l'histoire américaine a baptisé le « père du pragmatisme américain ». Dans cette perspective, seul le lien avec le classicisme romain transmis par Palladio, Desgodets, Fréart de Chambray et alia est souligné. Il est temps de préciser et d'expliquer le rôle de référents idéationnels liés à un programme d'action socio-politique et socio-culturelle en général qui est le coeur de la pensée jeffersonienne bien avant la Déclaration d'indépendance et les années de la présidence.
Conférence de Brigitte LOYE, chargée de recherches au CORDA, Paris. Une idée chorégraphique; une constante pour Eileen Gray depuis ses premières laques jusqu’à sa production architecturale. En appliquant les cinq points de l'architecture moderne, en particulier pour sa maison de Roquebrune, elle recherche avant tout à faciliter un certain type de geste, afin de permettre à l'homme des années trente de devenir un autre. A tous les stades de sa production, elle hésite devant la théorisation, l'abstraction, cherchant à comprendre comment évolue le geste et à mettre en scène l'homme dans son espace. « Une recherche patiente » en laquelle réside l'originalité d'Eileen Gray et qui la différencie de Le Corbusier et du De Stijl, ses contemporains et amis.
Conférence de Jacques-Edouard BERGER, historien, Lausanne.
Conférence inaugurale de montage audiovisuel sur Robert Mallet-Stevens par Maurice CULOT, Archives de la Construction Moderne, Bruxelles. Robert Mallet-Stevens (1886-1945) fut l'un des architectes les plus doués de l'entre-deux guerres et l'un des protagonistes du style international en France. Dans la première partie de sa vie d'architecte, il dessine des projets pour la « cité moderne », recueil de dessins publié en 1922, dans lequel apparaît sa conception de la ville et se dessine son style : il conçoit chaque édifice depuis la maison ouvrière jusqu’à la mairie, l'arrêt d'autobus..., il montre la particularité de chaque bâtiment plutôt qu’une vision urbanistique globale. Pour lui, l'image de la ville passe par l'architecture et pourtant tous les édifices ont un trait commun et forment un ensemble : chaque élément est constitué de combinaisons de cubes, cylindres, angles aigus ou arrondis, courbes élégantes s’opposant des formes rectangulaires. Mallet-Stevens traite un bâtiment comme une sculpture. En 1923, il réalise pour Marcel l'Herbier les décors du film l'inhumaine, expérience capitale pour lui. Dès 1924, il construit ses principales réalisations : la villa du comte de Noailles à Hyères, celle de Paul Poiret à Mézy-sur-Oise, le Pavillon du Tourisme et le hall de l'Ambassade française à l'Exposition internationale des Arts décoratifs de 1925 à Paris, en collaboration avec Robert Delaunay et Fernand Léger, plusieurs bâtiments rue Mallet-Stevens dont sa propre maison, le casino de Saint Jean de Luz, etc. Injustement oublié pendant de nombreuses années, il fut pourtant avec Pierre Chareau, Gabriel Guévrékian et André Lurçat, l'un des rares représentants de ces architectes qui luttaient pour l'air, la lumière, le confort, l'universalité d'un style architectural en opposition au régionalisme.
Conférence inaugurale de l'exposition 10 images pour Venise par Bernard HOESLI, professeur à l'EPFZ. « Je vais raconter comment nous avons fait notre travail pour Cannareggio : Je vais parler des recherches et d'un travail d'un étudiant de 4e année 1981 sur le terrain de Cannareggio » (BH).
Séminaire organisé par le professeur Léopold VEUVE, introduction par Urs ZUPPINGER
. Description succincte et déroulement des opérations et des rôles des acteurs dans la production courante par Alain DECOPEPT, professeur à l'EPFL.
Aspiration des habitants : Expérience du bureau Metron par Mme MEYRAT
Présentation de 3 expériences de réalisation de logements avec la participation des habitants :
- Siedlung Die Bleiche, Worb par le professeur Franz OSWALD, architecte, Berne
- Ensemble d'habitations Windish III, Metron, Brugg par M. VAUCHER
- Quartier Les Pugessies, Groupe Y, Yverdon par MM. MICHEL, MOREL, DUPASQUIER.
Les expériences relatives à la participation des usagers dans la production du logement se multiplient. Ces expériences constituent-elles une réponse à l'insatisfaction du client vis-à-vis du produit ? De nombreux opérateurs interviennent pour le réaliser et se fondent, pour décider des choix, sur des critères financiers, techniques, juridiques. Le produit est conforme aux normes d'une valeur marchande mais l'usager, comme son nom l'indique, se place dans l'optique d'une valeur d'usage qui ne recouvre pas la précédente.
En Suisse et ailleurs, on a recherché ces dernières années des formes de participation accrue des habitants à l'élaboration de leur logement. l'éventail des expériences est large et pose à l'architecte et aux autres acteurs impliqués dans la production de logements des problèmes nouveaux. En particulier, l'architecte doit redéfinir son rôle et développer une approche nouvelle permettant de prendre en compte la question des besoins des usagers.
Le séminaire veut contribuer au débat lancé à ce sujet dans les milieux intéressés. La question a été volontairement limitée au cas où des habitants participeraient eux-mêmes à l'élaboration de leur habitat. Les trois cas dont la présentation sert d'introduction à une table ronde, se distinguent par des approches très différentes tant en ce qui concerne les méthodes de travail, la structure architecturale choisie, qu’en ce qui concerne les modalités de la participation des habitants. Ils révèlent ainsi d'emblée la diversité des problèmes soulevés par un même thème.
Conférence inaugurale de l'exposition Tendances nouvelles de l'architecture autrichienne par Adolf KRISCHANITZ, professeur à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne et co-fondateur du bureau Missing Link. Krischanitz parlera de la situation générale de l'architecture et des architectes à Vienne où les prises de position actuelles de jeunes architectes tels Appelt, Kneissel, Prochazka, Czech, Tesar, Kapfinger et Krischanitz sont issues d'un dialogue constant avec la réflexion historique. Il montrera comment les approches architecturales spécifiques qui sont présentées dans l'exposition sont en relation avec les différentes interprétations de la tradition viennoise (Kornhäusler, Semper, Wagner, Loos, Frank, etc.) et que les processus artistiques et intellectuels qui suscitent une libération du fonctionnalisme pur et du matérialisme sont une réalité historique particulièrement ressentie à Vienne.
Conférence inaugurale de l'exposition Bruno Taut 1880-1938 par Gérard CLADEL, professeur, Paris. Après quelques hésitations, il ne semble pas que l'on peut présenter Bruno Taut sans éviter d'aborder l'apparente contradiction qui sous-tend une partie de son oeuvre avec d'une part les projets utopiques que l'on voit apparaître dès 1910 à Berlin : premier pavillon d'exposition Träger-Verkaufs-Kontors : et qui, gagnant peu à peu en lyrisme et en dimension visionnaire, rejoindront les projets les plus irréels de l'après-guerre, et, d'autre part, des réalisations souvent modestes sur le plan architectural, pragmatiques et singulièrement soucieuses des contraintes économiques et sociales de leur temps. Pour cela, j’envisage d'analyser les projets, essentiellement des lotissement : réalisés entre 1910 et la fin des années 20 : et de montrer comment la pensée utopique vient s’y inscrire et en renouvellera les thématiques, sans pour cela jamais tomber dans les travers de privilégier la doctrine aux dépens de la réalité.
Conférence de Livio VACCHINI, architecte, Locarno.
« Je parle du processus de mon travail : à quoi est-ce que je pense lorsque je commence un travail ? d'où vient le plaisir que j’en retire ? J’ai choisi le plus petit projet pour commencer à en parler. Un client m’avait demandé de dessiner un socle pour une sculpture de Giacometti qu’il avait achetée, mais ce projet n’est qu’une excuse pour parler d'architecture et de mon travail d'architecte ».
Exposition réalisée par l'Institut français d'architecture.
Séminaire organisé à l'initiative du Professeur René Vittone avec la collaboration de :
- Jean-Claude PIGUET : Projet de recherche interdépartemental à l'EPFL
- François ISELIN : Réalisations en terre en Suisse
- Jean-Marie PLANCHEREL : Murs et voûtes en terre sèche pour l'habitat social
- Jacques VAUTHERIN et Henriette FLOTTES DE POUZOLES : Habitat du grand nombre ; problèmes et réalisations
- Alfred MBASSI : Programme de l'Institut panafricain de développement à Ouagadougou, Haute Volta.
Conférence d'Inès LAMUNIERE et Patrick DEVANTHERY, architectes EPFL.
La recherche d'une règle de la géométrie dans le processus d'élaboration du projet architectural nous interroge sur les phénomènes liés à l'histoire de l'architecture et à sa théorie. La question d'une spécificité de la discipline architecturale s’exprime aujourd'hui par un retour sur son histoire, non seulement comme un répertoire de formes architecturales aptes à la citation mais aussi comme un ensemble de formes qu’il s’agit de repérer dans les dessins du projet.
Dans la courte période de cette révolution sur l'espace qu’est le baroque romain, la géométrie a-t-elle des significations intrinsèques, que substitue-t-elle, qu’abstrait-t-elle dans le dessin et lors du passage à la matérialisation spatiale ?
A Santa Maria della Pace, Pietro di Cortona fragmente les figures géométriques, il déconstruit l'unicité de l'espace ; quelles règles met-il en place ? Par des opérations de transformation géométrique, l'usage de référence à des objets archétypiques est transgressé dans le projet en cours d'élaboration ; quel ordre ces transformations appellent-t-elles ? Cortona, avec Borromini et Bernini, assigne, par des règles de perception, un rôle à la géométrie dont les licences nous éclaboussent encore (I. L.+ P. D).
Conférence de Pier-Giorgio GEROSA, architecte-urbaniste, Viganello, enseignant à l'Ecole d'architecture de Strasbourg.
La Charte d'Athènes est le premier texte collectif qui essaie de formuler une théorie de l'urbanisme fondée sur les expériences de l'architecture rationaliste. Issue de ces travaux du 4e congrès international d'Architecture Moderne, qui s’était tenu entre Marseille et Athènes en 1933, elle a connu une rédaction laborieuse et conflictuelle et a été publiée sous des formes diverses, dont celle que Le Corbusier lui a donnée en 1943 reste la plus connue.
Au cours de ses 50 ans d'existence, la Charte d'Athènes a été un point de repère de la pensée architecturale sur la ville : après avoir, dans ses premières années, représenté le manifeste de l'urbanisme progressiste, elle se trouve maintenant concernée en première ligne par le mouvement de recentrage critique de la modernité. La conférence propose un essai d'opération historique qui vise à reconstituer, par une recherche historiographique, le processus de rédaction de la Charte ; à déconstruire les courants de pensée qui y confluaient et qui s’y opposaient ; à délimiter, par une analyse épistémologique, les domaines empiriques sous-tendus par les théories énoncées ; à trouver, par l'analyse du discours lui-même, les interdits et les pluralités qui le frappent.
Exposition réalisée par le Laboratoire d'Architecture Contemporaine de Rome.
Conférence de Richard Allen BROOKS, professeur à l'Université de Toronto.
Conférence de Jacques BOUVERESSE, philosophe, professeur à l'Université de Paris I et de Genève.
Après avoir été pendant six ans instituteur dans différents villages de Basse-Autriche de 1920 à 1926, le philosophe Ludwig Witttgenstein s’est consacré pendant deux ans, en collaboration avec l'architecte Paul Engelmann qui avait été élève de Loos, à la construction d'une maison pour sa sœur, Margaret Stonborough, dans la Kundmanngasse à Vienne.
On ne possède pas d'indications sur les intentions exactes que Wittgenstein a essayé de réaliser dans cette œuvre en un certain sens typiquement « moderne » et, en un autre, tout à fait classique. Les idées architecturales de Wittgenstein sont certainement en rapport avec les conceptions qu’il avait développées dans son premier ouvrage philosophique, le Tractatus logico-philosophicus (1921). Mais il est difficile de déterminer en quoi consiste la position de Wittgenstein par rapport aux mouvements artistiques, en particulier architecturaux contemporains. On se demandera dans quelle mesure il existe une « architecture de Wittgenstein » et si elle entretient ou non des relations significatives avec sa philosophie (J. B.).
Conférence de Roger-Henri GUERRAND, historien et professeur à Paris VIII
R.-H. Guerrand, avec un ton mélangé de sérieux et d'humour sarcastique, retrace un pan de cette histoire sociale toujours laissé dans l'ombre : une histoire des commodités ou, pour parler plus directement, des lieux d'aisance.
Chronique qui fut souvent incroyable : celle du temps nécessaire pour que de simples conditions d'hygiène et de salubrité soient assez considérées pour qu’elles s’inscrivent dans les faits et que les lois soient appliquées et respectées. Il explique la façon dont notre société a considéré le corps, l'a regardé et l'a entretenu et rappelle que le discours sur les conditions sociales et politiques de l'hygiène publique et privé ont supposé deux conditions d'aménagement foncier : d'une part que l'on puisse disposer de suffisamment d'eau et d'autre part que l'on puisse évacuer les eaux usées. d'où la nécessité du tout-à-l'égout, conquête, somme toute, récente. Question d'histoire sociale qui nous dévoile les enjeux sous-jacents d'une politique sanitaire.
Conférence inaugurale de l'exposition Grands chantiers du XXe siècle par Ricardo MARIANI, professeur à l'EAUG.
Au milieu du XIXe siècle, l'Europe industrielle explose. La France se couvre de ponts, de voies ferrées et de chaussées nouvelles. La photographie s'est vite imposée comme le témoin fidèle de cette évolution. Chacune de ces photographies a su garder, malgré l'indifférence apparente du sujet, une vision personnelle transformant les personnages en statues de pierre et géométries de fer, ou magnifiant les cintres d'un pont en apparition champêtre. C'est de ce jeu d'évocations matérielles où la voûte et le tympan roman se font une seconde jeunesse que naît peut-être un sentiment du sacré et du commémoratif; le moindre édifice y fait figure de cathédrale, de minaret, de stèle. Du plus humble tunnel qui agrémente la promenade du rentier avec son chien à la plus extravagante résille d'étais et entretoises qui encombre la vallée, c'est le Grand oeuvre du siècle qui veut être vu sous son plus beau jour, comme un peu l'ouvrage d'un seul : le spectateur.
Conférence inaugurale de l'exposition Le Corbusier et la Suisse par Werner OESCHLIN, professeur à l'EPFZ.
Conférence de Giles BARBEY, professeur invité au DA de l'EPFL.
l'interrogation itérative et souvent tâtonnante sur les propriétés de l'espace se poursuit depuis une trentaine d'années. Dans quelle mesure l'architecture influence-t-elle de manière décisive les comportements humains ? Il n’y a pas de réponse simple à cette question mais seulement quelques indications apportées par les sciences sociales pour élargir l'horizon de nos références. Au-delà de l'enquête sociologique permettant la prise en compte des modes de vie dans la création architecturale se situerait tout un travail laborieux qui consiste à étudier la relation affective entretenue avec les espaces fréquentés dans la vie quotidienne, en particulier ceux du logis. Cette voie emprunte le détour de considérations objectives et de l'analyse phénoménologique. Elle ne peut être exposée ici que de manière allusive.
■ 12 présentations pour 12 chaises d'architectes contemporains
21 au 5 février 1987 : Exposition.
■ La maison du rêve
14 janvier 1987 : Conférence de Kaj NOSCHIS, docteur en psychanalyse, chargé de cours au DA de l'EPFL.
« Dès le début, la tour (de Bollingen) fut pour moi un lieu de maturation. Elle me donnait l'impression que je renaissais dans la pierre. On pourrait dire que je l'ai construite dans une sorte de rêve » (C. G. Jung, Ma vie). Jung parle ici d'une maison qu’il a construite de ses propres mains en marge de son activité de psychiatre et de psychologue analyste.
Les deux rêves que Jung considère lui-même comme les plus importants de sa vie sont des rêves de maison/atmosphères d'intérieurs et parcours d'une chambre à l'autre. En construisant la tour de Bollingen, l'activité consciente de Jung a pris le relais de son activité onirique. Nous avons tous fait des rêves de maison. Nous avons ainsi pu nous sentir touchés par les images de nos maisons « nocturnes ». Notre maison diurne, celle où nous habitons, nous interpelle sans cesse. Dès lors, comment pouvons-nous, architectes ou profanes, envisager la transition de la maison nocturne à la maison diurne ?
■ Rome : décomposition et recomposition de la ville antique
21 janvier 1987 : Conférence de Carlo BERTELLI, professeur d'histoire de l'art à l'Université de Lausanne.
l'emplacement à la périphérie de la ville ancienne de deux pôles principaux de la nouvelle réalité chrétienne a provoqué un dynamisme centrifuge qui s’opposait à la centralité du Forum. La situation politique créée dans la nuit de Noël 800 avec le couronnement de Charlemagne empereur donne au Pape la possibilité de détruire le Palatin comme résidence de l'empereur et de transformer son palais administratif au Latran en une résidence officielle sur le modèle du palais de Constantinople.
La deuxième étape sera la construction d'une ville nouvelle, la cité léonine, tout près de Saint Pierre. Rome devient une conurbation composée de centres différents, petites communautés fortifiées disséminées dans une région en grande partie inhabitée. C’est au XIVe siècle qu’on remet en question cet aspect de Rome en réalisant une grande construction publique, l'escalier de l'Aracoeli qui change l'orientation de la ville vers le nouveau centre habité qui est installé dans la région autrefois peu peuplée du Champ de Mars. Cette situation détermine le dynamisme de la Rome des Papes, comme problème de rattachement des parties isolées dans la ville, ce qui demande la présence de symboles urbains très forts pour souligner une unité qui existe à peine dans le tissu urbain.
■ La couleur, un élément de l'architecture
4 février 1987 : Conférence de Werner SPILLMANN, professeur au Technicum de Winterthur.
L'apparence d'un bâtiment et de ses éléments est largement définie par les couleurs et les matériaux dont le choix dépend des architectes. La conférence a pour objet la manière dont la couleur est choisie en architecture pendant les différentes époques de l'histoire et de nos jours et de discuter certains des aspects fondamentaux de la couleur en architecture : la relation de la couleur à l'homme, à l'environnement, au voisinage des bâtiments entre eux, à la structure de la construction elle-même tout autant qu’aux phénomènes des relations entre les couleurs.
■ La villa de Noailles : Hyères 1923, Rob Mallet-Stevens
■ 9 au 20 février 1987 : Exposition.
■ Rome : l'impossibilité de l'histoire
11 février 1987 : Conférence de Franco PURINI, architecte, Rome.
La nouvelle architecture à Rome n’est pas facile à décrire dans son ensemble car elle n’est pas linéaire dans son développement. La situation est marquée par des débats dont les racines remontent loin et témoignent des contradictions de l'histoire de la ville. La discrimination de la périphérie de la métropole montre le sous-développement de manière significative, processus résultant d'une négligence politique et gestionnelle à laquelle la ville fut soumise pendant les trente années qui suivirent la guerre. Entre 1975 et 1985, la ville avait adopté une gestion socio-communiste qui aurait dû apporter un changement. Dans les faits, très peu de ce qui avait été projeté a été réalisé, et, parmi les architectes romains de la nouvelle génération, on a travaillé avant tout sur une base historique pour comprendre d'une manière nouvelle l'architecture dans la ville du passé.
Franco Purini a fait d'abondantes propositions pour la ville de Rome, souvent publiées, jamais réalisées, qui sont liées à la fidélité aux méthodes de projétation néo-rationalistes et à l'intention d'approfondir les images de Piranèse. Il faut aussi rappeler combien ses architectures ont influencé à l'étranger la définition de l'imaginaire architectonique.
■ Grands chantiers du XXe siècle
4 avril 1987 : Conférence inaugurale de l'exposition Grands chantiers du XXe siècle par Ricardo MARIANI, professeur à l'EAUG.
Au milieu du XIXe siècle, l'Europe industrielle explose. La France se couvre de ponts, de voies ferrées et de chaussées nouvelles. La photographie s'est vite imposée comme le témoin fidèle de cette évolution. Chacune de ces photographies a su garder, malgré l'indifférence apparente du sujet, une vision personnelle transformant les personnages en statues de pierre et géométries de fer, ou magnifiant les cintres d'un pont en apparition champêtre. C'est de ce jeu d'évocations matérielles où la voûte et le tympan roman se font une seconde jeunesse que naît peut-être un sentiment du sacré et du commémoratif; le moindre édifice y fait figure de cathédrale, de minaret, de stèle. Du plus humble tunnel qui agrémente la promenade du rentier avec son chien à la plus extravagante résille d'étais et entretoises qui encombre la vallée, c'est le Grand oeuvre du siècle qui veut être vu sous son plus beau jour, comme un peu l'ouvrage d'un seul : le spectateur.
■ Les places de Bruxelles : miroirs, miniatures ou métaphores de la structure de la ville
8 avril 1987 : Conférence de Christian GILOT, Université catholique de Louvain, chargé de cours au DA de l'EPFL.
■ Le Corbusier et la Suisse
6 mai 1987 : Conférence inaugurale de l'exposition Le Corbusier et la Suisse par Werner OESCHLIN, professeur à l'EPFZ.
■ Le Corbusier
13 mai 1987 : Séminaire avec la participation de :
- Jacques SBRIGLIO, professeur à l'Ecole d'architecture de Marseille : Le Corbusier et Marseille
- Pierre-Alain CROSET, rédacteur de Casabella, assistant au DA de l'EPFL : Le Corbusier : les yeux qui voient
- Franz OSWALD, professeur à l'EPFZ : Le Corbusier et l'utopie.
■ Rudolph M. Schindler : Space Architecture and the tradition of the Moderne
20 mai 1987 : Conférence inaugurale de l'exposition R.-M. Schindler (1887-1953) par le Dr August SARNITZ, Vienne.
Schindler fut l'un des architectes les plus marquants du Mouvement Moderne aux Etats-Unis. Né à Vienne, il fit ses études sous la direction d'Otto Wagner à l'Académie des Beaux Arts, sous celle d'Adolf Loos à la Bauschule et de Frank Lloyd Wright en travaillant dans son bureau à Oak Park et à Taliesin. Envoyé par Wright en Californie superviser la construction de la Barnsdall House, Schindler y trouve la situation idéale pour imaginer des variations sur le thème de la maison individuelle qui va constituer la majeure préoccupation de sa carrière. Dans la Lovell Beach House de 1926, souvent considérée comme son chef d'oeuvre, il expérimente les espaces intérieurs fluides, les vérandas, l'utilisation du béton et du verre.
Le dessin architectural de Schindler reflète l'influence de ses professeurs mais il marque aussi durablement l'architecture moderne aux Etats-Unis. Bien que n'enseignant que très peu dans les écoles d'architecture, ses articles et ses oruvres furent publiés en Europe et aux Etats-Unis. Ses réflexions personnelles sont tout à fait particulières car il fut élevé en Autriche mais passa le reste de sa vie aux Etats-Unis sans jamais revenir en Europe. Il la quitta juste avant la première guerre mondiale et ne maintint pas de relations directes avec les architectes et les artistes du Constructivisme russe, du Cubisme hollandais, du Bauhaus allemand ou du Futurisme italien. La plupart des architectes qui quittèrent l'Allemagne ou l'Autriche le firent pendant la période fasciste dont Schindler n'eut pas à subir les contraintes. Il fut ainsi très isolé tout au long de sa vie du style international et le résultat en fut une interprétation très personnelle de l'architecture.
■ The thought of construction
3 juin 1987 : Conférence de Sverre FEHN, professeur à l'Ecole d'architecture d'Oslo.
Associé à Geir Grund qui fut plus tard l'un des membres du Team X, Fehn construit en 1955 une maison pour personnes âgées à Oskern/Oslo et le Musée des Traditions populaires de Lillehammer en 1959. Il gagne le concours du Pavillon norvégien de l'exposition de Bruxelles en 1958. Cette composition néo-plastique, utilisant largement le bois, éclairée par les interstices des poutres du toit, présente les caractéristiques les plus essentielles de l'architecture de Sverre Fehn, insistant sur la poésie de la construction avec quelque chose de plus subtil que la simple élégance de la structure formelle et des détails méticuleux.
■ Les filiations de l'architecture contemporaine à Paris.
10 juin 1987 : Conférence de Georges MAURIOS, professeur à Paris-la Défense
Les architectes disposent à Paris d'un patrimoine culturel reconnu comme base de l'architecture urbaine parisienne. Les filiations communes à plusieurs projets conduisent à la définition d'un style, voire d'un mouvement parisien, fût-il limité à quelques auteurs.
La concordance des réponses est issue des références communes trouvées dans le patrimoine parisien de l'architecture moderne. Ces références engendrent des règles morphologiques : dans un premier rapport, on trouve le travail de la façade, la reconnaissance des angles, les raccordements et soudures, la hiérarchie rue/intérieur d'îlot, le traitement des cours, la conformité géométrique avec le site : tendance contextualiste. Le deuxième rapport est celui du détail architectural : proportion des ouvertures, encadrements, soubassements, matériaux de façade, couronnements, garde-corps, etc., continuité d'un langage enrichi d'évocations nouvelles.
■ A la recherche de l'espace sensible
4 novembre 1987 : Conférence de Giles BARBEY, professeur invité au DA de l'EPFL.
l'interrogation itérative et souvent tâtonnante sur les propriétés de l'espace se poursuit depuis une trentaine d'années. Dans quelle mesure l'architecture influence-t-elle de manière décisive les comportements humains ? Il n’y a pas de réponse simple à cette question mais seulement quelques indications apportées par les sciences sociales pour élargir l'horizon de nos références. Au-delà de l'enquête sociologique permettant la prise en compte des modes de vie dans la création architecturale se situerait tout un travail laborieux qui consiste à étudier la relation affective entretenue avec les espaces fréquentés dans la vie quotidienne, en particulier ceux du logis. Cette voie emprunte le détour de considérations objectives et de l'analyse phénoménologique. Elle ne peut être exposée ici que de manière allusive.
■ Saint-Simoniens, Fourriéristes et architecture
11 novembre 1987 : Conférence de Bernard MARREY, historien, Paris.
La révolution de 1798 a fait éclater les carcans corporatifs qui entravent l'essor industriel et commercial. Un vent de liberté souffle sur la France. Sans sous-estimer ses bienfaits, la déréglementation inquiète certains esprits qui réfléchissent à une nouvelle organisation sociale. Parmi eux, Fourier, dont la pensée est proche de ceux qu’on appellera les socialistes, et Saint-Simon, dont la pensée plus technicienne est assez proche d'un capitalisme d'Etat, ont une influence très forte sur le milieu intellectuel français et aussi bien sur les architectes et les ingénieurs entre 1820 et 1860.
■ La mutation de l'espace de travail
■ 2 et 3 décembre 1987 : Colloque international sous la direction de René VITTONE, professeur au DA de l'EPFL, avec la participation de :
- Jean-Jacques PALTENGHI, Service de prospective et de recherche pour l'EPFL : Le parc scientifique et technologique de l'EPFL à Ecublens
- Franco DEBENEDETTI, ingénieur, industriel, administrateur d'Olivetti : Déterminants et effets de l'activité créatrice
- Luigi MAZZA, architecte, professeur à l'Université de Turin : Justification du projet, justification du plan
- Gianni VATTIMO, philosophe, professeur à l'Université de Turin : Fin de la modernité, fin du projet ?
- Pietro DEROSSI, architecte, professeur au Politecnico de Turin : La poésie est une nécessité
- Francesco DAL CO, professeur d'histoire de l'architecture IUAV : l'image du travail dans la métropole moderne
- Alain MINC, ingénieur des mines, ENA, administrateur de sociétés : La révolution du travail
- Maria Grazia DAPRA’CONTI, architecte, professeur au Politecnico de Turin : l'architecte et la mutation de l'espace de travail
- Roger PERRINJAQUET, ingénieur-architecte ETS, sociologue EHESS, Paris, chargé de cours EPFL : La conception des lieux de travail.
Conférence de Mirco RAVANNE, architecte, Venise.
Conférence d'Yves LION, architecte, Paris.
Yves Lion appartient à la génération qui a réclamé à cor et à cri le « retour à la ville » à l'occasion des concours de Marne-la Vallée et de la Roquette à Paris en 1973-74. Trois thèmes caractérisent ses projets les plus importants : la double nécessité de l'intégration et de la confrontation au site, le goût de faire simple et le souci de travailler avec la lumière naturelle qui joue un rôle important dans la stratégie formelle de ses projets.
Conférence de Bruno FORTIER, IFA, architecte, Paris.
d'où vient qu’un site puisse naître et évoquer en prenant un jour un visage arrêté et une forme définitive ? A quoi bon explorer ? Revenir sur ce qui existe ? A quoi bon cette plongée dans l'histoire s’il ne s’agit, parti d'hier, que de suivre jusqu’à aujourd'hui des formes de création que même les plus rêveurs ne songent plus à reproduire ? Il nous semble que les villes sont assez belles, assez énigmatiques aussi pour que l'on puisse tenter de les analyser plus et mieux qu’on ne le faisait jusqu’ici. Il nous a semblé aussi que sous leurs paysages, malgré les déchirures et les accidents qu’elles offraient, la manière dont les villes se formaient, pouvait, elle aussi, faire l'objet d'une approche plus précise.
Conférence de Michael ALDER, architecte, Bâle.
Conférence de Johannes VOGGENHUBER, directeur de l'urbanisme de la ville de Salzburg.
Courtier en assurances, opposant politique salzbourgeois, J. Voggenhuber a été élu conseiller municipal et se charge de la planification de la construction, de la conservation du centre historique, de la circulation et de la protection de l'environnement. Il est probable que le sens de ces termes a échappé à ses adversaires politiques car, de 1982 à 1987, Johann Voggenhuber aura l'occasion de démontrer l'ampleur des résultats politiques et architecturaux qu’une action architecturale résolue peut produire. Il fera preuve de la plus grande fermeté dans l'exécution de son mandat : pour lui, démocratie n’est en aucun cas signe d'immobilisme et la charge reçue du souverain populaire implique d'agir plutôt que d'administrer.
Outre les trois domaines cités plus haut, le projet de Salzburg est une tentative de reformulation de la ville ou la réforme de l'architecture a un poids déterminant : les projets sont évalués par quatre groupes d'experts indépendants et font l'objet d'un examen de planification où toutes les phases du projet sont discutées. Un Conseil qui s’occupe des questions formelles et architectoniques est créé en 1983 qui élabore de nouvelles formes de concours pour les nouvelles constructions et les bâtiments importants où la participation internationale est importante.
Conférence de Bruno QUEYSANNE, philosophe et sociologue, professeur à l'Ecole d'Architecture de Grenoble.
Je me demanderai comment l'architecture par elle-même est un objet de communication et comment je pense qu’elle est, par excellence, le grand livre de l'humanité en m’appuyant sur des auteurs littéraires tels que Victor Hugo avec Notre Dame de Paris, Swift et Gulliver et Merleau-Ponty qui est ma grande référence en philosophie pour « essayer de penser notre rapport au monde ».
Leçon inaugurale du Professeur Gérard DUTRY.
: Conférence de Françoise VERY, architecte, Morzine, professeur à l'Ecole d'architecture de Grenoble.
Si la Baronne Maurice de Rothschild crée la station de sports d'hiver de Megève, Henry Jacques Le Même en invente l'architecture. Respectueuse des richesses locales, en particulier du bois, cette architecture les transforme d'artisanat en métier d'art. Le Même en élabore les techniques et l'esprit. Esprit moderne qui se manifeste sans détour dans sa propre maison construite en 1929. Son oeuvre nous enseigne comment l'amour d'un lieu peut, avec un esprit nouveau, créer une architecture qui semble lui correspondre depuis toujours. Comment cela fut-il possible ? Quel métier peut mettre cela en oeuvre ? Pierre Patout, Henri Sauvage sont des grands patrons aux travaux desquels collabora de 1918 à 1928 Le Même, alors élève de l'atelier Pascal-Recoura, puis Pontremoli. Son activité chez Ruhlmann, décorateur, créateur de meubles d'un raffinement extrême, lui apporta cette différence qu’il eut le talent de faire fructifier.
Conférence de Bernard BAINES, architecte, Bruxelles.
Conférence de Patrick BERGER, architecte, Paris, professeur invité au DA de l'EPFL.
Conférence inaugurale de l'exposition Hans Brechbühler 1907-1989 par Ueli ZBINDEN, architecte, Zurich.
l'Ecole technique de Berne est indissolublement liée au nom de Hans Brechbüler, un architecte qui a été un représentant typique de la deuxième génération de l'Architecture Moderne. Ce projet plein d'invention pourrait cependant porter ombre à une oeuvre dont la caractéristique principale réside dans le non-spectaculaire et dans une recherche tenace des possibilités spatiales conceptuelles.
Journées d'études à l'occasion du XXe anniversaire de l'Institut de recherche sur l'environnement construit avec la participation de :
- Joseph CSILLAGHY, co-directeur de l'IREC
- Paul BAIROCH, professeur d'histoire économique à l'Université de Genève : Villes et développements économiques, la révolution industrielle et le tiers monde
- Bernard HUET, professeur d'histoire critique de l'architecture à l'Ecole d'Architecture de Paris-Villemin : l'architecture et la ville
- Thierry GAUDIN, chef du Centre de prospective et d'études au Ministère de la Recherche et de la Technologie de Paris : 2100, Récits du prochain siècle
- Michel BASSAND, co-directeur de l'IREC
- Jean-Marc LAMUNIERE, chef du Département d'architecture
- Bernard VITTOZ, président de l'EPFL
- Yvette JAGGI, syndique de la ville de Lausanne et conseillère aux Etats
- Roland CROTTAZ, président du Conseil des Ecoles polytechniques fédérales.
Affiches réalisées (créées et imprimées en sérigraphie) par Edith Bianchi pour annoncer les événements (conférences, expositions, films) organisés pour les manifestations du Département d’Architecture de l’EPFL. Elle était également chargée de l'organisation des conférences et des expositions d’architecture.
Senza titolo11 juin 1974 – Conférence-Débat, Gérard BLACHERE, directeur du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment à Paris, auteur de « Savoir bâtir » et « Vers un urbanisme raisonné » (1969), invité à la demande du Professeur G. van Bogaert
La méthode scientifique dans la conception des bâtiments : définition des exigences psychologiques et sociologiques, le processus de la conception architecturale, la programmation de la recherche dans le bâtiment.
12 décembre 1974 – Film de Hans et Nina STURM
Conditions du logement de masse à Berlin.
Exposition Passé et futur de Rolle vu par les étudiants du département d'architecture de l'EPFL.
Conférence de Francis STRAUVEN, professeur à l'Ecole d'Architecture d'Anvers et de Hasselt, rédacteur de la revue hollandaise TABK.
Réagissant contre l'architecture et le décor académiques, Victor Horta (1861-1947) fut avec Van de Velde le principal créateur du style Art Nouveau. Les caractéristiques de son style résident dans l'emploi du fer, du verre et des matériaux colorés, les structures apparentes, le goût de la dissymétrie, des formes incurvées et la création d'un décor exubérant et onduleux aux formes dites « en coup de fouet ».
Film de Peter STIERLIN.
Ce film traite de la pollution de l'air. En partant de trois exemples aux USA et en Angleterre, il envisage les différentes mesures à prendre avant qu’il ne soit trop tard.
Conférence de Jacques GUBLER, chargé de cours au Département d'architecture de l'EPFL.
Le Village Suisse de la deuxième Exposition Nationale (Genève, 1896) cristallise le modèle culturel du nationalisme helvétique. Comment l' « image » de la patrie a été coulée au moule du style suisse d'architecture ? Comment le bucolisme, le rejet de la technique et l'esthétique du pittoresque ont-ils cheminé à travers les canaux d'information de la société industrielle (presse, photo, cinéma, expositions, architecture) ?
Film de John STEVENS.
Pendant que la caméra montre les paysages des terres indiennes : ce qu’elles étaient et ce qu’elles sont devenues : le commentaire reprend le très beau discours d'un chef indien Seattle adressé au grand Chef de Washington qui désire acheter les terres des Indiens. Un témoignage du temps où les Indiens croyaient que leurs terres et leur destin étaient inséparables. l'évidence de la destruction de notre environnement.
Film-vidéo de Dominique GILLIARD.
La Municipalité de Bologne a pris en charge depuis plusieurs années le contrôle de la croissance de la ville et tente de rendre le centre aux habitants. Elle fait preuve d'un respect de la ville ancienne et d'un dynamisme probablement unique en Europe. Le film établit un parallèle entre Bologne et Lausanne en insistant plus particulièrement sur les processus décisionnaires. Présentation de Dominique Gilliard.
: Conférence inaugurale de l'exposition Europrefab par :
- E. MUGGLIN, assistant à l'EPFL qui présentera les projets de P. Kamm et H. Kündig : habitations et bureaux à Zoug.
- W. WEBER, lauréat du 1er prix, qui présentera le film réalisé sur la construction des ponts de l'Hongrin.
29 mai 1974 – Conférence de John TAYLOR, directeur du centre de recherche sur l’environnement et professeur à l’Université de Sheffield
Les jeux de simulation en architecture et en urbanisme sont encore peu connus dans les pays francophones. Ils ont été développés surtout en Angleterre, aux USA et au Canada et y trouvent une large application dans certaines phases de l’enseignement
Projection film.
Tourné à la demande de l'Initiative pour l'Aménagement équitable du sol vaudois, ce film pose le problème de l'achat des terrains des paysans pour la construction d'immeubles ou de l'autoroute mettant ceux-ci dans l'impossibilité d'exploiter un domaine.
Conférence inaugurale de l'exposition par J.-P. FICCI et A. NATALINI, architectes, Superstudio.
Créé en 1966, le bureau d'architecture florentin Superstudio développera son activité dans la recherche théorique de l'architecture et dans le design. Superstudio produit des films et des projets de divulgation sur des thèmes fondamentaux qui sont des tentatives critiques de détermination de nouvelles bases théoriques et anthropologiques de l'architecture. En développant à l'extrême une tendance architecturale ou urbanistique, leurs projets, parfois utopiques, servent d'avertissements.
Conférence inaugurale de l'exposition Pays dogon par
Claude LEFEBVRE, auteur de l'exposition.
Les Dogons habitent une région de steppe située au sud-ouest de la boucle du Niger à Tombouctou et constituent quelque sept cents petites communautés qui s’alignent le long de la falaise de Bandiagara. Par leurs conditions de vie fondamentales, les Dogons ne diffèrent pas en apparence de leurs voisins immédiats. Cependant, ils ont mis au point un mode de vie qui les distingue de tous les autres peuples d'Afrique. Ils se sont livrés à une méditation approfondie de tous les phénomènes de l'existence et leurs créations : en particulier l'architecture : sont animées d'un symbolisme minutieux qui trouve sa source dans la conception même de l'univers.
Conférence de Giovanni BRINO, professeur au Politecnico de Turin.
Donaldville, la ville qui, dans les aventures de Donald Duck, joue le rôle de toile de fond n’est pas seulement la ville symbole de la société américaine. A travers l'analyse de ses composantes topographique et culturelle, Giovanni Brino établit l'analogie : à défaut d'identification : entre Donaldville et Los Angeles, modèle de la métropole post-urbaine.
Film.
Peintre et dessinateur belge, Magritte (1895-1967) recourt à une facture impersonnelle pour représenter des motifs hétéroclites qui, déplacés de leurs contextes, sont invertis dans leurs fonctions et permutés dans leurs attributs. Il recherche par le biais de l'humour et de l'absurde à démonter les mécanismes de la représentation.
Présentation audiovisuelle de l'oeuvre du Corbusier par :
- Jacques GUBLER, chargé de cours à l'EPFL
- Tita CARLONI, chargé de cours à l'EAUG
- Jean-Marc LAMUNIERE, professeur à l'EPFL
suivi d'un spectacle donné au Théâtre de Vidy par le Théâtre populaire romand (TPR).
Film de Claude DEFARGE.
Communistes depuis plusieurs siècles, les Carmathes forment une ethnie qui vit repliée dans les montagnes à l'écart des influences du monde islamique. Leurs maisons remarquables, construites en pierre sèches, sont l'exemple des gratte-ciels d'Arabie du Sud.
: Conférence de Jean-Pierre PROTZEN, professeur à l'Université de Californie à Berkeley.
Comment l'architecte (l'urbaniste, l'aménagiste du territoire, etc..) peut-il juger de la qualité de ses plans ? Sur quels principes ces jugements sont-ils basés ? Le public affecté par le travail de l'architecte doit-il se fier à ces jugements ? Les problèmes d'architecture (d'urbanisme, d'aménagement du territoire, etc.) sont des problèmes éminemment politiques. Le choix du « meilleur » plan ne doit pas être délégué aux experts : ne devrait-on pas soumettre des variantes au vote populaire ? Un bon plan ne peut émerger que d'un effort politique commun : ou contradictoire : conduit selon des règles à instaurer.
Introduction à l'exposition Nouvelles tendances de l'architecture au Tessin par Martin STEINMANN, GTA, EPFZ, suivie de la conférence de Bruno REICHLIN, Un projet de restauration : Castel Grade à Bellinzona.
27 janvier 1976 : Conférence de Mario BOTTA, Le projet architectural : un point de vue
4 février 1976 : Conférence de Gian-Carlo DURISH, Le parti architectural.
- La grande case bamiléké : Film de William HAMON.
Reportage documentaire sur la reconstruction de la Grande Case en pays Bamiléké, « acte de foi » collectif et merveille d'architecture artisanale. Prix du meilleur film documentaire (St Cast, 1966). - Cases : Film réalisé par un groupe d'architectes
Exposé de la technique de construction de divers types de cases de populations du Nord Cameroun.
Montage audiovisuel.
L'objet du montage est de présenter les architectures réalisées par des communautés ou des personnes qui, à des titres divers, sont marginales dans la société américaine contemporaine. On peut y déceler l'apparition d'un mode de vie différent, l'émergence d'un comportement nouveau vis-à-vis de la société de production, du travail et du plaisir, la naissance de rapports nouveaux des individus avec la nature, l'éclosion d'un nouveau langage architectural. On peut surtout y dénoter l'apparition de pratiques nouvelles par lesquelles les habitants tentent de maîtriser eux-mêmes, sans intermédiaire, leur cadre de vie quotidien et de se protéger des méfaits aliénants, répressifs et dépersonnalisants de notre environnement moderne.
Film.
Aperçu complet des 19 jours de travail nécessaires à la construction d'une hutte dans les îles Ellice.
Conférence de Franco ROSSO, architecte et professeur-assistant au Politecnico de Turin.
La conférence aura pour objet l'oeuvre de l'architecte piémontais Alessandro Antonelli, non pas tant sur la base de ses oeuvres les plus connues, la Mole Antonelliani de Turin et la coupole de S. Godenzio de Novarre mais sur la base de l'entité de son activité : passablement méconnue : d'architecte civil et d'urbaniste. Le problème de la maison d'habitation fut certainement un des problèmes centraux de la recherche architectonique d'Antonelli qui a élaboré et réalisé des propositions tout aussi nouvelles que ce qui se faisait en Europe ou en Amérique et il a travaillé aussi longtemps et avec beaucoup d'incidence sur l'urbanisme des villes de Turin et de Novarre.
La conférence sera donc orientée sur ces deux points afin de dégager Antonelli des idées conventionnelles qui en font une sorte de constructeur bizarre et génial mais égaré dans des problèmes étrangers à la culture architectonique la plus vivante du XIXe siècle et de le réintégrer dans cette position de premier plan qui lui revient parmi les expériences de pointe de l'architecture du siècle dernier. (FR)
Conférence inaugurale de l'exposition par Mario BOTTA, architecte.
« On ne peut pas bâtir haut, il faudrait pouvoir bâtir sans bâtir et puis il faut trouver l'échelle ». (LC) Avec ce projet se terminait en 1965 la longue et patiente recherche créatrice du maître, aboutissement de nombreuses années de travail et expression d'un riche répertoire formel et idéologique. Il s’agit d'une œuvre nouvelle par la diversité de ses aspects, différente de toute sa production architectonique précédente. Elle donne une ouverture nouvelle à sa recherche et est particulièrement émouvante par son humilité et son exceptionnel contenu artistique.
Exposition du centre Georges Pompidou : centre de création industriel à Paris et de l'office des Archives de l'architecture moderne à Bruxelles.
Film de MAYSLES et ZWERIN, commentaire et débat par CHRISTO. Le projet Running Fence, œuvre d'art temporaire, mise en œuvre par Christo, consiste en 2050 panneaux de nylon blanc dont chacun fait 18 pieds de large, supportés par des perches d'acier et des câbles ancrés dans la terre. La clôture ondule à travers un terrain plus ou moins mouvementé et se jette dans la mer après avoir parcouru une distance de 24 miles. l'œuvre d'art, achevée le 10 septembre 1976, restera visible pendant 15 jours et sera complètement démontée le 31 octobre. Frais de construction : 2 millions de dollars. Tout ce que Christo a présenté ces dernières années à un public chaque fois plus interloqué, sceptique et finalement conquis, exige des superlatifs toujours plus forts. Le Running Fence subsiste aujourd'hui : comme tout autre projet de Christo : uniquement comme souvenir et comme documentation. Christo travaille sur deux paramètres : la monumentalité et la fuite du temps. Il apparaît comme un promoteur de souvenirs. « Je recherche l'involontaire beauté de l'éphémère ».
Conférence de Vittorio GREGOTTI, professeur au Politecnico de Milan, à l'Ecole d'Architecture de Palerme et invité au DA l'architecture italienne a eu pendant les dix dernières années un grand succès international. Le rôle principal a été joué par la génération qui, entrée à l'université juste après la guerre, a commencé à travailler dans la seconde moitié des années 50. Quelles sont les caractéristiques, les tendances idéelles, les résultats : quel est le débat, le rôle public et quelles sont les limites de l'activité de cette génération ?
Conférence inaugurale de l'exposition Alberto Sartoris par Jacques GUBLER, chargé de cours l'EPFL
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Né à Turin en 1901, élevé à Genève où il étudie à l'Ecole des Beaux-Arts, transalpin au sens où son activité se déploie à la fois à Turin, Côme, Genève et dans les cantons de Vaud et du Valais, Alberto Sartoris est connu dans l'histoire du « Mouvement Moderne » pour avoir participé au premier CIAM de la Sarraz en 1928 et publié, dès les années trente, de véritables encyclopédies visuelles de l'architecture moderne.
l'œuvre de Sartoris se présente comme un cas extrême, dans la mesure où l'architecte divinise le graphisme de la perspective, se faisant une spécialité de l'axonométrie. A l'instar de Ledoux, Sartoris réélabore ses dessins en vue de leur exposition et de leur publication. La tentative de placer la construction au-dessus des contraintes, accidents, contingences de la réalisation, confère à l'image de l'architecture la valeur d'un manifeste. Les dessins de Sartoris nous interrogent sur le rapport entre le travail du projet et la pratique de chantier. Réduite à la perfection d'une image, l'architecture se place-t-elle avant ou après le travail du projet et laisse-t-elle à d'autres le souci, la compétence et la spécialité de « faire l'architecture » ?
Film de Luc DURAND de l'Office national du film du Canada relatant le bilan de la ville de Bologne qui, depuis trois décennies à peine, a posé le postulat : arrêter la croissance quantitative et y substituer la croissance qualitative. Le plan de croissance préserve entièrement le centre historique et contrôle aussi sévèrement les développements périphériques en protégeant de grandes zones vertes et publiques. La ville consacre 40% de son budget aux affaires sociales. Les transports sont gratuits. Les écoliers reçoivent des repas gratuits. 75% des petits enfants sont accueillis dans des maternelles de la ville. On supprime les orphelinats en regroupant les enfants par cinq avec des moniteurs qui fonctionnent comme des parents. Les vieillards sont soignés à domicile par les services de la ville.
Conférence de Robert SLUTZKY, professeur à Cooper Union, New York
Conférence de Gonsalv K. MAINBERGER, docteur en philosophie, invité à l'initiative du Professeur Franz Füeg 1. Le structuralisme, les sciences humaines et le monde technique 2. La science des signes et l'interprétation des symboles : a/données historiques et économiques de l'architecture. b/ le concours des représentations mentales 3. Essai d'une lecture intégrale des œuvres architecturales G.K. Mainberger : né en 1924 à St Gall. Etudes théologiques et philosophiques à Fribourg. Promotion sur Platon et Aristote. Enseignement en Afrique et en Belgique. Etudes supplémentaires à Marburg, Tubingen et Cologne. Spécialisations : la philosophie française et le structuralisme. Nombreuses publications sur le symbolisme en philosophie et dans les sciences humaines.
Conférence inaugurale de l'exposition Edifices astronomique : anciens instruments astronomiques géants de l'Inde, du Mexique et du Pérou par Avram HAYLI, professeur à l'Université Claude Bernard de Lyon. Dans les années 1730, un maharaja hindou, Jai Singh II, fasciné par le ciel, avait imaginé de faire de son jardin un observatoire du ciel. Il y avait bien à cette époque des instruments de laiton mais ils manquaient de précision. Jai Singh II fit alors construire des instruments géants, cent fois plus grands que les cadrans et les échelles que l'on connaissait, pour obtenir des mesures cent fois plus exactes. Il fit ainsi construire des observatoires à Bénarès, Delhi et Jaipur. Au Mexique, les connaissances mathématiques des Mayas trouvent leur première application dans l'établissement d'un calendrier aussi précis que possible. Comme dans toute civilisation de type agraire, c’est en effet de la détermination des saisons que dépend la prospérité. Ces connaissances leur ont permis de développer une astronomie d'une valeur et d'une précision remarquables et n’ont pas été sans influer profondément sur l'architecture et même sur certaines formes d'urbanisme. « Gnomons » et « astrolabes », cadrans solaires et autres instruments composent ainsi l'ordonnance secrète de ces constructions fascinantes par la beauté sculpturale de leurs formes : l'architecture considérée comme le temps mis en forme, comme une charnière entre l'espace et le temps.
Conférence inaugurale de l'exposition Dessins de Mies van der Rohe par Franz FUEG, professeur au DA de l'EPFL . L'architecture post-moderne nie l'architecture moderne mais se base essentiellement, avant comme après, sur les concepts d'espaces et de formes développés par les architectes « modernes ». Sans une connaissance exacte de l'architecture du passé récent des cent dernières années, une analyse critique de l'architecture moderne ne peut se faire. La conférence faite à l'occasion de l'exposition des dessins réalisés par Ludwig Mies van der Rohe tente de restituer une des évolutions les plus importantes de cette architecture.
Conférence inaugurale de l'exposition Fumihiko Maki par Fumihiko MAKI, doyen de l'Ecole d'Architecture de Tokyo. Considéré comme un des leaders de l'architecture japonaise, Maki, disciple de Tange et de Sert, subira encore l'influence de l'Amérique. Ce rôle d'intermédiaire ne met nullement en cause l'originalité de son œuvre, la culture japonaise n’est-elle pas caractérisée par sa faculté d'absorption ? Maki enseigne pendant dix ans aux Etats-Unis pendant lesquels il se consacra au développement de sa théorie de la conception de la forme collective. A partir de 1972, Maki recherche un langage formel individuel avec le centre sportif d'Osaka dans le domaine des superstructures et en 1974, dans le bâtiment central de l'Université de Tsukuba, avec deux formes caractéristiques : le T inversé et l'idée des interstices spatiaux. l'un des thèmes dominants de l'architecture de Maki est l'oku : espace intérieur ou centre dissimulé. Il ne suit aucune méthodologie dans ses projets et se laisse toujours inspirer par l'environnement. Il commence par une foule d'idées individuelles qui seront intégrées de « haut en bas ».
Conférence inaugurale de l'exposition Alvaro Siza par Alvaro SIZA, architecte, Porto. Portugais, Alvaro Siza est né en 1933 près de Porto. Après avoir travaillé avec Fernando Tavora, son professeur, il réalise, dès l'âge de 25 ans, une série de petites maisons privées et deux piscines publiques à Matosinhos et à Leça mais il sera toujours écarté des grandes commandes publiques par le régime de Salazar. Après le 25 avril, il s’engage avec son équipe dans les programmes SAAL à Porto. Siza est très peu connu hors du Portugal et des petits cercles d'architectes italiens et espagnols et pourtant cet homme effacé est certainement l'un des plus « grands » architectes de la nouvelle génération européenne. Dans son œuvre confidentielle, de dimension extrêmement modeste, il s’efforce de coller étroitement à la pauvreté des moyens économiques portugais sans jamais abdiquer une culture raffinée et une poétique spatiale dont aucune photographie ne peut rendre compte (B. Huet).
Conférence de Pierre SADDY, architecte, enseignant à l'UPA No 8, Paris. Les traités d'architecture, les discours de l'Académie construisent des systèmes qui se veulent « rationnels » : le « beau » est joint au « vrai » et à « l'utile » ; la beauté géométrique, « l'addition des richesses » renvoient aux mathématiques ; l'optique et la physique dictent des règles du goût ; philosophie et psychologie sont présentes avec les conseils de « décence », « convenance », « vraisemblance », « raison », « naturel »; Dans les discours contemporains sur l'architecture, ces termes, aujourd'hui désuets, ont fait place à d'autres mots, plus modernes, mais qui expriment sous des dehors rationalistes, techniques, économiques et sociologiques, le même désir d'une rationalité esthétique, d'un beau absolu.
Conférence d'Yves BOIRET, architecte en chef des Monuments historiques, Paris, président de la section française de l'ICOMOS, invité à l'initiative du Professeur Pierre Margot. L'abbaye de Saint Sernin de Toulouse a été construite au XIIe siècle. Viollet-le-Duc, au siècle dernier, avait fait subir à St Sernin une restauration que certains qualifient de violente. Cent ans après, l'état de l'édifice exige une reprise générale. Les Monuments historiques adoptent en 1979 le projet d'Yves Boiret qui devrait aboutir à la « dérestauration » des parties « repensées » par Viollet-le-Duc. C’est cette décision qui est en cause et qui cristallise la position de deux écoles : celle des archéologues respectueux de chaque phase historique et celle des architectes soucieux de retrouver le projet initial. Bien que les travaux ne concernent actuellement que les transepts, le parti choisi conditionnera non seulement la suite de la restauration de St-Sernin mais constituera un précédent doctrinal. C’est dire quelle est la gravité de l'enjeu.
Conférence d'Oscar TUSQUETS, architecte, Barcelone. Né à Barcelone en 1941, O, Tusquets suit des études d'architecture à l'Ecole technique supérieure de Barcelone de 1958 à 1965. Très vite, il reçoit plusieurs prix pour ses constructions et participe à plusieurs expositions. Dès 1973, certains de ses ouvrages sont publiés dans différentes revues d'architecture, notamment dans Werk-Archithèse et Lotus International.
Conférence d'Alvaro SIZA, architecte, Porto, professeur invité au DA.
Conférence de Jacques-Edouard BERGER, historien de l'art, Lausanne.
Conférence de Jacques GUBLER, chargé de cours à l'EPFL. Lorsque, vers 1900, les architectes ont inscrit au Dictionnaire des idées reçues la condamnation à mort du XIX siècle, il leur a fallu proposer de « nouveaux » modèles, par exemple le monde organique ou l'architecture des ingénieurs. Mais c’est peut-être la machine qui deviendra leur référence essentielle. Provisoirement, nous pourrions admettre que la machine existerait sous deux espèces dans la théorie architecturale du XXe siècle. Il y aurait d'une part une machine lyrique, essentiellement métaphorique et hédoniste. Il y aurait ensuite une machine réaliste, fonctionnant en contiguïté, essentiellement productiviste. A travers le fonctionnalisme, la machine offrirait un acquis important, à la fois réformiste, pédagogique et poétique.
7 juin 1982 :
Conférence inaugurale de l'exposition l'EPFL et le logement à Ecublens par le professeur Bernard VITTOZ, président de l'EPFL.
8-9 juin 1982 :
Présentation et commentaires de l'exposition par les architectes et les sociologues du DA.
10, 14 et 15 juin 1982 :
Débats avec les étudiants de l'EPFL.
16 juin 1982 : Débat avec le personnel de l'EPFL.
Séminaire organisé par le Professeur Frantz FÜEG avec la collaboration de :
- Christian DUPAVILLON, chargé de mission au Ministère des Affaires culturelles, Paris
- Mona OZOUF, historienne, critique au Nouvel Observateur
- Gilles LAMBERT, scénographe, Théâtre Populaire Romand, La Chaux de Fonds
- Roland DEVILLE, décorateur de théâtre, Genève
- André STEIGER, metteur en scène, Centre Dramatique Romand, Lausanne
- Vincent MANGEAT, chargé de cours à l'EPFL
- Jean-Luc GROBETY, assistant à l'EPFL
- Erwin GALANTAY, professeur à l'EPFL
- la ville comme lieu scénique
- Le théâtre dans la ville.