Zone d'identification
Cote
Titre
Date(s)
- [ca XVIIIe siècle]–[milieu du XXe siècle] (Production)
Niveau de description
Étendue matérielle et support
env. 165 m.l. (8’500-9'000 volumes)
[v. Décompte ouvrages, 1995 + Récolement, 2016 (approximatif)]
Zone du contexte
Nom du producteur
Histoire archivistique
Constituée, organisée et contrôlée par Alberto Sartoris tout au long de sa vie, cette bibliothèque était conservée dans sa maison de Cossonay, où elle formait un ensemble cohérent avec ses espaces de travail et de vie.
Elle a été intégrée à la donation « Archives-donation Alberto Sartoris » faite à la Confédération suisse via l’EPFL en 1984. Les Archives de la construction moderne – EPFL en assurent la conservation et la gestion depuis 1999.
Les relevés réalisés en 1995 et en 2016 documentent la disposition matérielle de la bibliothèque dans son espace d’origine, avec une organisation par meubles et sections, permettant d’estimer plusieurs milliers de volumes répartis physiquement dans l’espace domestique et professionnel de Sartoris.
La bibliothèque a été conservée jusqu’en 2022–2023 dans sa maison de Cossonay. À la suite de son transfert dans les locaux de l’EPFL, une attention particulière a été portée au maintien de l’organisation d’origine. L’ordre des ouvrages tel qu’il était disposé sur les rayonnages a été respecté dans la mesure du possible, afin de préserver la structure thématique et conceptuelle élaborée par Sartoris.
Source immédiate d'acquisition ou de transfert
Donation.
Zone du contenu et de la structure
Portée et contenu
La collection est composée principalement de livres d’art, d’architecture, d’urbanisme, de design et d’arts décoratifs, mais aussi de catalogues d’exposition, manifestes, essais critiques, monographies d’artistes et d’architectes, ouvrages théoriques, publications militantes, livres illustrés, éditions de luxe, volumes anciens, tirages particuliers, livres autographiés ou dédicacés, ainsi que d’un noyau de rara. Elle constitue à la fois une bibliothèque spécialisée, une bibliothèque d’auteur et un instrument intellectuel directement lié à la formation, aux recherches, aux prises de position et aux réseaux de son producteur.
L’ensemble couvre un champ géographique très large, avec une forte représentation de l’Italie, de la France et de l’Espagne, mais aussi de l’espace germanophone, de la Suisse, des Pays-Bas, de l’Europe centrale, de l’Amérique latine et, plus ponctuellement, des États-Unis. Cette ouverture internationale reflète l’inscription de Sartoris dans les circulations transnationales des idées, des formes et des débats esthétiques du XXe siècle.
Sur le plan thématique, la bibliothèque se distingue d’abord par l’importance de ses ensembles consacrés aux beaux-arts, aux arts décoratifs et aux avant-gardes du XXe siècle, notamment pour la période allant approximativement de 1905 à 1940. Y sont représentés le cubisme, le futurisme, De Stijl, Dada, le surréalisme, l’art abstrait, l’art concret, ainsi que diverses formes de modernisme et d’expérimentation plastique. Parmi les auteurs, artistes, critiques ou figures de référence représentés figurent notamment Guillaume Apollinaire, Jean Arp, Giacomo Balla, Umberto Boccioni, André Breton, Carlo Carrà, Giorgio de Chirico, Fortunato Depero, Gerardo Dottori, Max Ernst, Fillìa, Albert Gleizes, Jean Gorin, Wassily Kandinsky, Kasimir Malevitch, Filippo Tommaso Marinetti, László Moholy-Nagy, Piet Mondrian, Amédée Ozenfant, Enrico Prampolini, Mario Radice, Gino Severini, Ardengo Soffici, Michel Seuphor, Tristan Tzara, Theo van Doesburg, Victor Vasarely ou encore Max Bill.
Le noyau futuriste est particulièrement remarquable et constitue l’un des ensembles les plus singuliers de la bibliothèque. Il comprend de nombreux titres de ou sur Marinetti, Balla, Boccioni, Carrà, Cangiullo, Corra, Crali, Depero, Dottori, Fillìa, Folgore, Folicaldi, Marchi, Prampolini, Russolo, Sant’Elia, Severini, Soffici, Vasari, Volt et d’autres acteurs du mouvement. On y trouve des manifestes, poèmes, essais, catalogues d’exposition, livres illustrés, publications de propagande esthétique ou politique, ainsi que des éditions rares et des impressions futuristes. (notamment : D’ALBISOLA, Tullio, L’anguria lirica, Roma ; Savona : Edizioni futuriste di poesia, Litolatta. [1933] et DEPERO, Fortunato, Depero futurista, Milano : Dinamo-Azari, [1927] ). L’ensemble comporte aussi un nombre significatif de premières éditions du futurisme, qui confèrent à cette bibliothèque une valeur patrimoniale particulière.
Un deuxième axe majeur concerne l’architecture moderne du XXe siècle, plus spécialement pour la période 1919-1959. La bibliothèque documente abondamment le Mouvement Moderne, le Bauhaus, le rationalisme italien, le Style international, l’architecture néerlandaise moderne, l’urbanisme fonctionnaliste, l’habitat collectif, la maison populaire, les débats sur le logement, l’architecture d’exposition et les synthèses entre architecture, arts plastiques et design. Sont notamment représentés Walter Gropius, Ludwig Hilberseimer, Otto Haesler, Bruno Taut, Max Taut, Mies van der Rohe, Le Corbusier, Pierre Jeanneret, André Lurçat, Richard Neutra, Oscar Niemeyer, Frank Lloyd Wright, Josef Frank, J. J. P. Oud, Huib Hoste, Jiří Kroha, Josef Gočár, Piero Lingeri, Giuseppe Pagano, Irenio Diotallevi, Franco Marescotti, Mario Cereghini, Agnoldomenico Pica, Ernesto N. Rogers, Pier Luigi Nervi, Giancarlo Palanti, Mario Labò et Giuseppe Terragni.
La collection comprend aussi des ouvrages fondamentaux d’histoire et de théorie de l’architecture et de l’art moderne, avec une place importante pour les critiques, historiens et médiateurs tels que Sigfried Giedion, Nikolaus Pevsner, Alfred H. Barr Jr., Henry-Russell Hitchcock, Maurice Raynal, Léonce Rosenberg, Carlo Belli, Edoardo Persico, Michel Seuphor ou James Maude Richards.
Une autre composante forte de l’ensemble concerne l’histoire politique, culturelle et idéologique de l’Italie entre 1919 et 1945, avec une présence significative d’ouvrages relatifs au fascisme, à la guerre, à la propagande, à l’Empire italien, à l’Afrique orientale italienne, à l’économie de guerre, à la culture officielle et aux institutions du régime. On y relève des publications de l’Istituto nazionale di cultura fascista, du Ministero della cultura popolare, ainsi que des titres sur la révolution fasciste, les politiques sociales, l’habitat, les colonies, les campagnes militaires ou les relations internationales.
La bibliothèque conserve également un petit ensemble de livres anciens et rares, comprenant des ouvrages antérieurs à 1830, des éditions illustrées, des traités classiques, des livres d’architecture et de proportion, ainsi que des volumes d’histoire de l’art et de théorie architecturale. Parmi ceux-ci figurent notamment des éditions anciennes de Dante, de Vignole, de Juan de Arphe y Villafañe, de Louis Rusca.
La présence de catalogues d’exposition, de publications de musées, de catalogues de biennales, de manifestations internationales constitue un autre trait distinctif. La bibliothèque documente ainsi les expositions futuristes, les présentations d’art abstrait, les manifestations sur l’architecture tchécoslovaque, les expositions modernes à Genève, Zurich, Turin, Monza, Milan, Paris, Bruxelles ou New York, ainsi que les grands lieux de légitimation de la modernité artistique et architecturale.
Du point de vue intellectuel, cet ensemble témoigne des affinités électives de Sartoris : liens entre art et architecture, centralité de l’Italie dans les avant-gardes, importance de l’abstraction, intérêt pour le rationalisme, attention à la ville moderne, à l’habitat, à la synthèse des arts et à la diffusion internationale des idées modernes. Il documente aussi ses réseaux de sociabilité savante et artistique, à travers des livres dédicacés, autographiés ou choisis en fonction de proximités doctrinales, amicales ou professionnelles.
Évaluation, élimination et calendrier de conservation
Accroissements
Mode de classement
La bibliothèque était organisée par Alberto Sartoris selon des logiques thématiques, matérialisées dans sa disposition physique (meubles, sections, regroupements documentaires).
Des traces de ce classement subsistent sous forme :
– d’organisation spatiale par unités de rangement (classement "Athanas")
– de regroupements thématiques implicites
– de billets ou annotations insérés dans les volumes
Les inventaires anciens (notamment dans la base « Athanase ») décrivent les ensembles selon une logique « par meuble », reflétant cette organisation matérielle plutôt qu’un classement bibliothéconomique normalisé.
Zone des conditions d'accès et d'utilisation
Conditions d'accès
Conditions de reproduction
Langue des documents
Écriture des documents
Notes de langue et graphie
Caractéristiques matérielle et contraintes techniques
Instruments de recherche
Bibliothèque non cataloguée.
Existent des listes sommaires.
Des billets glissés entre les livres signalent les matières concernées.
Dans l’ancienne base de données « Athanase », des notices d’inventaire « par meuble » donnent des indications extrêmement sommaires .